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Bienvenue sur cette plateforme. Vous y trouverez les analyses et commentaires de l'actualité internationale et régionale, réalisés par le Dr. Sali Bouba Oumarou.

"Analyste jusqu'au bout" dans la presse.

"Analyste jusqu'au bout" dans la presse.

Extrait 1 du Roman : "Un bout de papier rose. C’est ce que j’ai reçu ce matin. On me l’a glissé sous la porte de mon bureau comme ça, comme on glisse une main sur la peau. J’ai encore dans un coin de ma tête le bruit produit par ce papier. Si ce n’était qu’un vulgaire papier, comme on en voit à tous les coins de rue de notre bled, Noymal, cela ne devrait pas être un problème. Mais ce papier n’est pas normal ; il n’est pas simple, il est rose… Et dans notre milieu, dans cette vie que j’ai acceptée, il va me voler ma vie, je le sens. Il réussit à mettre mes nerfs à feu. Il me donne des cauchemars instantanés. Tous ceux qui reçoivent un courrier de cette couleur virent comme moi de la bonne humeur à la mauvaise. De la quiétude d’un bureau climatisé, à l’inquiétude du front où seules sifflent les balles à longueur de journée.
Je sors de mon bureau. Je tiens froidement le bout de papier rose dans mes mains. Je marche le long du couloir qui mène vers le bureau du colonel. C’est lui qui m’a fait parvenir le papier rose. C’est lui, avec son papier rose, qui donne à mes muscles ces frémissements indescriptibles; c’est lui qui a effondré mon monde en une fraction interminable de seconde.

Mes bottes cognent les carreaux du sol. Mes oreilles ne sont pas habituées à ces bruits que j’entends. Bruits de la souffrance, de l’angoisse, bruits de la peur.
Je marche, plus lentement qu’au début. Mais je marche. Je n’ai pas trop le choix, le billet rose du colonel est estampillé «urgent». En temps normal, si je n’avais aucun indice sur l’objet de cette convocation, c’est en courant que je devais me rendre jusqu’au bureau du colonel Nyamek, situé au troisième étage de notre garnison. Mais là je marche. Je pense savoir ce qui m’attend. Je marche malgré l’urgence, la peur d’une chose que je crains à l’avance dans le ventre. Mon esprit d’homme est comme ça, il anticipe la peur, l’exagère la plupart du temps, et cherche dans le même temps à l’apprivoiser lorsqu’elle est inévitable.
Je dépasse du regard certains camarades d’armes ; des âmes embrigadées dans le même bateau que moi. Ils ne sont pas inquiets comme moi. Ils n’ont pas reçu de papier rose comme moi. Ils sont décontractés. Je suis contracté. C’est aussi simple que ça.
Dans mon interminable périple en direction du bureau du colonel, je dépasse un capitaine sans le saluer, sans cogner mes talons comme une cloche. Ce geste n’est pas volontaire. En fait, mes yeux sont braqués sur le sol et mon corps avance. Il avance sans que je ne le veuille vraiment. On dirait qu’il fait désormais ce qu’il veut. Il connaît le bâtiment par cœur. Il connaît....."

Extrait 2 Du Roman "ces individus peu enviables, aux défauts insupportables, sont dans une posture de recherche de légitimation par la violence. Ils portent dans leur ventre les graines de la radicalisation qu’ils veulent semer à une vitesse similaire à celle du vent. Et ce n’est pas avec une arme qu’on pourra définitivement venir à bout de cette race dont le souci de reproduction est important. Les armes pourront peut-être les affaiblir. Les armes pourront peut-être faire reculer le carnaval des balles loin de nos frontières. Elles pourront peut-être permettre de retrouver un semblant de quiétude dans la partie nord de Noymal, mais les bêtes d’acier ne pourront pas, en crachant la poudre, arrêter le volcan dans les âmes possédées par les fruits de la radicalisation. Elles ne pourront pas empêcher les graines de la radicalisation de germer. Ce qu’il faut pour empêcher cette race de prospérer, c’est canonner en amont. Ce qu’il faut réellement, c’est agir et non réagir. Jusqu’ici Noymal ne fait que réagir pas agir. Avec la symphonie des armes que j’aurai l’occasion d’écouter, on ne se pose pas la question du pourquoi. On fonce, c’est tout. On envoie tout ce qu’on a dans la bataille y compris des analystes pour trouver des formules pour tuer. Mais peut-on réellement gagner la guerre contre les fruits de la radicalisation de cette manière ? Peut-on réellement, en ces temps agités, apporter des réponses rapides et adéquates à des situations aussi complexes? "....

LE ROMAN "ANALYSTE JUSQU'AU BOUT" EST DISPONIBLE à TANGER à la librairie des colonnes et à la librairie des insolites. Pour commande internationale, bien vouloir envoyer un mail à 237book@gmail.com.

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Dr. Sali Bouba Oumarou

Analyser, décrypter et écrire: une passion qui meuble mon temps.
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