Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenue sur cette plateforme. Vous y trouverez les analyses et commentaires de l'actualité internationale et régionale, réalisés par le Dr. Sali Bouba Oumarou.

La liberté économique en Afrique subsaharienne :  Quel chemin parcouru entre 2015 et 2018?

 

Les liens existants entre la liberté économique[1] et le développement ont été suggérés par plus d’un auteur. Norton et Gwartney (2008 :13) ont eu à démontrer que la liberté économique stimule la croissance et favorise l’éclosion des libertés fondamentales. Plus efficace que l’aide au développement, décriée ces dernières années pour son incapacité à sortir les plus démunis de la pauvreté, la liberté économique est par ailleurs considérée comme un levier important pour l’autonomisation économique des individus dans les États en développement (Norton et Gwartney, 2008 :33). Les régions présentant de niveau élevé de liberté économique se sont révélées capables de connaître une croissance plus rapide et ont fait preuve d'une plus grande capacité d'adaptation en période de ralentissement de l'économie mondiale. L’exemple de l’île Maurice où la liberté économique sert de rampe pour le développement (Minardi et Ping Cheun, 2011) reste un exemple indiqué. Ainsi, la liberté économique serait un élément indispensable du développement. Sans aller jusqu’à dire qu’elle se superposerait au développement ou qu’elle serait le saint graal pour ce dernier, il convient de reconnaitre qu’il serait difficile de penser le développement en l’absence d’un minimum de liberté économique, susceptible d’accélérer l’autonomiser du grand nombre. Quelle est la situation en Afrique subsaharienne entre 2015 et 2018 ?

l'evolution saccadée de la liberté economique en 2015

Si on se fie aux indicateurs de l’indice de la liberté économique de l’Héritage fondation et du Wall Street journal des années 2014 et 2015, il est possible de relever que, durant cette période, l’Afrique subsaharienne a connu une progression en matière de liberté économique[2]. En 2014, en effet, malgré des avancées disparates, les États de la région ont eu en moyenne un gain de 0,9 point (Terry Miller et all, 2014 : 2) ;  l’Ile Maurice, le Botswana, le Cap-Vert, le Rwanda, le Ghana et l’Afrique du Sud occupaient des positions honorables[3] dans le classement mondial ; alors que des États tels le Zimbabwe, la R.D.C et la république du Congo occupaient le bas du classement en marquant toutefois, pour le cas de la république du Congo, un gain de 3,4 point. Cette tendance à l’amélioration de la liberté économique observé en 2014 en Afrique Subsaharienne a été soutenue en 2015.

Le score sur 100 de cette partie de l’Afrique était de 54,9, comme le dévoile la figure ci-dessus. Certes, avec un tel score, cette région du monde demeurait dans sa globalité dans la catégorie « mostly unfree ». Cependant lorsqu’on entre dans ses détails, il est le témoin de l’inexorable marche de certains États vers plus de liberté économique, d’une part, et d’autre part, il dévoile les poches de résistances entravant le développement de la liberté économique. Au premier abord, il convient de souligner que ce score global de l’Afrique subsaharienne fut stimulé par les politiques fiscales (75/100) et monétaires (73,7/100) favorisant la liberté économique, partagées par un bon nombre d’États de cette région.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Mali, l’Ile Maurice, le Cap vert, le Botswana, Madagascar, le Nigeria et l’Angola ont été les principales locomotives de la progression de ces indicateurs. En revanche, les poches de résistance entravant la progression de la liberté économique en Afrique subsaharienne étaient, la liberté d’investissement, la protection contre la corruption et les droits de propriété. Le score de l’Afrique subsaharienne au niveau de ces indicateurs etaiet assez modeste, soit respectivement 48,4%, 32,5% et 30,1%. Autant mieux dire que, selon l’index de la liberté économique, il subsiste une tension importante entre les procédures d’investissement, les droits de propriété, la corruption et la liberté économique en Afrique subsaharienne. L’indice permettait de relever, qu’en 2015, les entraves à l’investissement, à la protection des droits de propriété et la corruption rampante dans certains États continuaient d’exercer des contraintes majeures sur le climat des affaires en Afrique subsaharienne. Ce constat était d’ailleurs corroboré par l’indice de la corruption de transparency international de 2014 qui soulignait déjà que la corruption, renforçant l’insécurité juridique des affaires, augmentant les coûts et les incertitudes des transactions économiques, restait préoccupante dans certains États de la région (Somalie, Soudan, Sud Soudan, Libye, Burundi, etc).

Une régression de la liberté économique en Afrique en 2018.

En 2018, le score global de l’Afrique subsaharienne sur l’indice de la liberté économique de l’Héritage fondation est de 54,4 ; ce qui marque une régression par rapport au 54,9 enregistré en 2015. Cette situation permet de constater qu’aucune économie de la région n’est véritablement libre, selon l’index de l’heritage foundation. Cependant, l’île Maurice qui se distinguait déjà en 2015 se positionne comme un moteur du score global de l’Afrique subsaharienne. Le Botswana, tout en gardant une position honorable dans le classement africain, perd 0,2 point. Le bas du classement africain est occupé, entre autres, par le Soudan, le Tchad, la Centrafrique, l’Angola, le Togo, le Mozambique, et l’Erythrée. L’ensemble de ces Etats présentent des scores en dessous de 50. Globalement, l’index explique cette régression par les entraves persistantes en matière de droit de propriété, l’efficacité de la justice, et l’intégrité des gouvernements. Par ailleurs, il y a eu de relever que 12 économies africains sont considérés par l’indice de héritage fondation comme « répressives ».

 


[1] considérée par l’heritage foundation comme la possibilité offerte aux individus dans les États qui respecte et protège leur liberté, d’avoir en toute liberté le droit de travailler, de produire, de consommer et d’investir comme bon leur semble dans le respect de la loi (Heritage Foundation 2009 :11) -

[2]  L’index of economic freedom est composé de 10 sous-indices : liberté d'entreprise, liberté des échanges, poids des taxes et impôts, dépense du gouvernement, stabilité monétaire, liberté d'investissement, dérégulation financière, protection de la propriété privée, lutte contre la corruption et libéralisation du travail.
En savoir plus sur http://www.glossaire-international.com/pages/tous-les-termes/indice-de-liberte-economique.html#cUvKgbzEBZ0mrAUH.99

[3] Ile Maurice 8eme ; Botswana 27eme ; Cap vert 60eme ; Rwanda 65 ; Ghana 66 ; Afrique du Sud 75e. Cf Terry Miller et all, Highlights of 2014 index of economic freedom. Promoting economic opportunity and prosperity, The Heritage foundation and Wall street, 2014,p.11

  

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
Dr. Sali Bouba Oumarou

Analyser, décrypter et écrire: une passion qui meuble mon temps.
Voir le profil de Dr. Sali Bouba Oumarou sur le portail Overblog

Commenter cet article