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Bienvenue sur cette plateforme. Vous y trouverez les analyses et commentaires de l'actualité internationale et régionale, réalisés par le Dr. Sali Bouba Oumarou.

Policy brief: ANALYSE PRAGMATIQUE DES USAGES CONTEXTUALISES DU SLOGAN POLITIQUE « UN COUP K.O »DANS LES CAMPAGNES ÉLECTORALES EN AFRIQUE DE L’OUEST

(c) shutterstock

Chers lecteurs, nous vous proposons ci-dessous l’introduction d'un policy brief inédit sur le slogan politique "UN COUP K.O". Il peut être mis à votre disposition sur simple demande! Bonne lecture

ANALYSE PRAGMATIQUE DES USAGES CONTEXTUALISES DU SLOGAN POLITIQUE « UN COUP K.O »DANS LES CAMPAGNES ÉLECTORALES EN AFRIQUE DE L’OUEST

Résumé

Il n’est pas rare que les entrepreneurs politiques, dans leurs stratégies et méthodes pour la conquête du pouvoir politique, empruntent à d’autres domaines des mots particuliers. La popularisation du slogan « un coup KO », au cours des dernières élections présidentielles en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire et au Niger, expose bien ce processus d’exportation et d’introduction d’expression spécifique à d’autres champs, en l’occurrence aux sports de combat, à celui de la compétition électorale. Dans les discours politiques et les articles de presse retraçant l’actualité des campagnes électorales de ces élections présidentielles, ce slogan a acquis une saillance et des usages aux facettes multiples que le présent policy brief tente de démontrer selon un prisme pragmatique.

Introduction

Le slogan politique est bien souvent considéré comme un indicateur de la vitalité de la parole politique dans sa fonction persuasive. Même si ce constat est parfois exagéré et/ou dénié, il est par contre irréfutable, aujourd’hui ,que le slogan politique est un invariant des étapes fondamentales de la vie démocratique des États ; lors des campagnes électorales, il a, au sens de certains travaux, cette capacité d’influencer[1] et de marquer les esprits. Il aurait également ce pouvoir  de rallier, de faire marcher, au sens propre comme au sens figuré[2]

De l’originalité de ces quelques potentielles fonctions assumées par les slogans politiques  lors des échéances électorales, les entrepreneurs politiques et leurs différents états-majors ne lésinent sur aucun moyen pour imaginer ou forger des slogans susceptibles de marquer l’électorat et porter leur message politique « […] d’une manière aussi claire et « raisonnable » que possible »[3].  Ainsi, n’est-il pas rare que, dans ce processus d’ingénierie de communication politique pour la quête ou la conquête de mandat  politique, les entrepreneurs politiques s'inspirent ou se nourrissent très largement d’objets, d’expressions ou actes langagiers particuliers appartenant à d’autres domaines proches ou lointains. La popularisation du slogan « un coup K.O » au cours des dernières élections présidentielles en Afrique de l’Ouest, notamment en Guinée Conakry, puis en Côte d'Ivoire et au Niger, expose bien ce processus d’exportation et d’introduction d’expressions spécifiques à d’autres champs, en l’occurrence aux sports des combats,à celui de la compétition électorale.

Entamée en Guinée Conakry, lors de la campagne pour  l’élection présidentielle[4]du 1 er octobre 2015 où le président sortant, Alpha Condé, était à la recherche d’un nouveau mandat, cette formule concise, épousant les contours de la nature antagonique de l’activité politique, s’est propagé dans les campagnes électorales ivoirienne et nigérienne de 2015 où elle a été reprise, pour l’essentiel, par les responsables des partis au pouvoir à la quête du renouvellement du mandat de leur leader.

États[5]

Début campagne électorale

Candidat du parti au pouvoir

Nombre de candidats en lice

Guinée Conakry

10 septembre 2015

Alpha condé

8

Côte d’Ivoire

09 octobre 2015

Alassane Drame Ouattara

10

Niger

30 janvier 2016

Mahamadou Issoufou

15

Figure 1- tableau synoptique des campagnes électorales et des acteurs étudiés- source : auteur

Dans plusieurs communications officielles, orales et écrites, dont les fréquences furent amplifiées la plupart du temps par les mass médias, les locuteurs des partis politiques au pouvoir, engagés dans les différentes campagnes présidentielles, ont usé de façon directe ce slogan politique ou des dérivés pouvant s’y rattacher. Ce fut le cas de l’épouse du candidat du RHDP[6],Dominique Ouattara, qui, dans une allocution aux femmes de Côte d’Ivoire, appela en langue locale à faire triompher le fameux « Coup K.O ». « Je compte sur vous pour qu’au soir du 25 octobre 2015, Alassane Ouattara soit élu TAKOKELE, je dis bien TAKOKELE… un coup KO mes chères sœurs »[7]. Ce fut également le cas du candidat du PNDS[8] au Niger, le président sortant, Mahamadou Issoufou, qui fit, lors d’une sortie de campagne, le  31 janvier 2016, la promesse de passer dès le premier tour. « Nous allons passer dès le premier tour »[9].

Dans les campagnes électorales à l’étude, les prises de paroles politiques similaires ont été récurrentes. Elles indiquent donc que le slogan politique « un coup K.O » a occupé un pan de l’espace discursif politique. Si, cette réalité apporte du crédit supplémentaire au constat selon lequel la politique demeure une entreprise de communication où prolifèrent les sens figurés[10], il reste que le slogan à l’étude est potentiellement riche d’enseignement en ce sens qu’il peut être le révélateur d’initiatives et d’objectif politiques complexes. Nul ne pourrait en effet remettre en cause le fait que ce slogan, à l’instar de tout autre slogan, appréhendé par Reboul Olivier, et considéré également dans cette réflexion, comme une« formule concise et frappante, facilement repérable […]»[11],a acquis dans différents discours et supports médiatiques une saillance et des usages aux facettes multiples, que nous nous proposons de faire état à travers un prisme pragmatique.

La conduite d’une étude pragmatique des usages contextualisés du slogan politique un « coup K.O » dans les campagnes électorales de 2015 et 2016 en Guinée Conakry, Côte d’Ivoire et Niger est susceptible de s’appuyer sur un corpus éclaté, dont l’essentiel gravite autour des discours politiques proprement dits et des articles de presse ayant retracé l’actualité de ce slogan politique. Ce trait distinctif de notre corpus, composé de 9 (neuf)articles de presse, et 4 (quatre) discours, sélectionnés en fonction des critères d’accessibilité et de disponibilité, s’explique par le fait que l’objectif de cette réflexion n’est pas de cerner les spécificités de tels ou tels supports de communications politiques ou partis politiques, mais de déceler les usages contextualisés récurrents du slogan politique« Un coup K.O ». Un tel examen peut valablement s’appuyer sur une approche pragmatique dont l’un des mérites, au sens de Marlène Coulomb-Gully[12],est de relier un texte à son contexte, c'est-à-dire d’intégrer dans l’analyse la relation existante entre  un énoncé et son contexte de production. Dès lors, la pragmatique pourrait permettre, en saisissant le contexte social et linguistique, de dépasser l’écueil d’une simple lecture linguistique du slogan « un coup K.O ». Au demeurant, la pragmatique permet d’intégrer dans l’analyse les conditions de circulation et de réception de ce slogan qui ne sont pas de simples circonstances annexes aux discours dans lesquels ce slogan s’insère, mais structure les sens à donner à ce dernier. Ne cherchant pas une exhaustivité difficile à atteindre, le corpus formé en majorité d’articles de presse dans lesquels on retrouve le mot clé « un coup K.O », reproduisant l’actualité du slogan à l’étude tout au long des différentes campagnes présidentielles étudiées, offre des éléments probants pour analyser les usages du slogan politique « un coup K.O »  sous deux aspects essentiels : au niveau de la recherche d’une légitimité supplémentaire et au niveau de l’opposition à l’adversaire politique. [...]

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Dr. Sali Bouba Oumarou

Analyser, décrypter et écrire: une passion qui meuble mon temps.
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